Homosexualité chez les Aztèques

VIENT DE PARAÎTRE: HOMOSEXUALITÉ ET IMAGINAIRE SEXUEL CHEZ LES AZTÈQUES

Par Nicolas BALUTET

Premier ouvrage traitant de l’homosexualité chez les Aztèques, cette étude comprend trois parties intitulées respectivement La perception de l’homosexualité, Les fondements de la masculinité et La peur de la femme phallique. La première partie s’intéresse à l’analyse des chroniques des conquérants et missionnaires et montre combien les Espagnols ne comprirent pas la réalité américaine et donnèrent libre cours à leur imagination et à la violence à l’heure d’évoquer les relations sodomites des Indiens. Les schèmes de pensée européens laissent place ensuite à l’étude de la position aztèque concernant l’homosexualité. L’auteur analyse non seulement la législation, le lexique et les us et coutumes mais s’intéresse aussi à l’idéal impérialiste aztèque à travers sa conception de la sexualité dirigée exclusivement vers la procréation. Cette première partie se termine par une étude, principalement iconographique, de la pratique de l’éviscération qui pourrait constituer un des châtiments privilégiés réservés aux homosexuels aztèques. La deuxième partie s’ouvre sur une étude des fondements de la masculinité, c’est-à-dire les caractéristiques et les attitudes que devaient présenter les hommes pour être perçus comme tels, des fondements qui permettent d’expliquer davantage le mépris dont les homosexuels semblaient faire l’objet dans la culture aztèque. Après avoir expliqué ce qu’étaient les traits dominants de la masculinité aztèque, Nicolas BALUTET étudie les cérémonies de deux vingtaines, Quecholli et Toxcatl, qui semblent déployer un ensemble de rituels visant à renforcer cette masculinité. Sont analysés ensuite deux groupes, les guerriers et les joueurs de balle, qui manifestent de manière éclatante l’hétéronomie de toutes les affirmations de la virilité. Ce faisant, l’auteur montre que la féminité et la passivité homosexuelle servent de contretypes négatifs à la virilité et se voient utilisées pour discréditer les vaincus et, en règle générale, tous ceux qui ne montrent pas assez de preuves de leur puissance masculine. Découlant des deux parties précédentes, la problématique de la dernière partie de cet ouvrage est consacrée à une longue étude de ce qui semble être au coeur du phénomène de dévalorisation des femmes dans la société aztèque, à savoir la peur de la femme phallique, qui met en péril la puissance auto-affirmée des hommes et les relèguent à un rôle faible et passif. Craignant l’homosexualité qui découlerait de cette condition subalterne, les hommes aztèques semblent avoir élaboré un appareil rituel visant à conjurer cette situation et à réaffirmer au contraire la prédominance de leur pouvoir .

Nicolas BALUTET enseigne l’espagnol à l’Université « Jean  Moulin » – Lyon 3. Spécialiste de l’histoire de la Méso-Amérique précolombienne et de l’homosexualité dans la littérature latino-américaine contemporaine, il est, par ailleurs, l’un des membres fondateurs de la revue parisienne Inverses. Littérature, Arts, Homosexualités et le directeur de la collection Homotextualités chez L’Harmattan.

 

Homosexualité et imaginaire sexuel chez les Aztèques

Oxford, Archaeopress, British Archaeological Reports International Series 1823, « Paris Monographs American Archaeology n°22 », août 2008

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